Votre préoccupation centrale ici est d’établir votre déclaration de revenus libéraux 2025 de la seule manière qui soit concevable : dans le sens de vos intérêts. Car au contraire des revenus salariés, vous disposez d’options de gestion et de marges de manœuvres pour atténuer le plus possible vos prélèvements obligatoires (PO) : cotisations sociales et impôt.
1 – Vos possibilités en entreprise individuelle (EI) soumise aux BNC (bénéfices non commerciaux) - Jusqu’au dernier moment de votre temps déclaratif, soit début mai 2026, vous disposez de certaines latitudes sur vos recettes et dépenses annuelles, et sur vos choix de gestion (frais forfaitaires versus frais réels sur certains postes-clés). Et tout cela aura un impact direct côté fiscal sur votre impôt personnel. Comment y parvenir ? Il vous suffit d’être bien informé, ou de vous faire judicieusement conseiller sur les choix cruciaux. Comptez donc sur nos dossiers spécialisés paraissant chaque semaine à partir d’aujourd’hui jusque fin avril. Un rappel d’emblée : être adhérent d’une AGA est totalement contre-indiqué : devenue déjà inutile depuis 2023 et coûteuse à assumer en temps et en argent, la seule indication rarissime de l’adhésion AGA qui persistait jusque fin 2024 (sous la forme de réduction d’impôt « pour frais de comptabilité », sous conditions drastiques) a disparu en 2025. Par ailleurs l’augmentation théorique du risque de contrôle fiscal hors AGA constitue un ultime et ridicule argument brandi par quelques AGA pour tenter de prolonger leur survie.
Côté social, attention à la modification radicale des règles du jeu - Dès à compter du 1er janvier 2025, la réforme dite de l’assiette sociale a comme première conséquence d’exclure la déductibilité directe de vos cotisations sociales obligatoires (CSO URSSAF et CARMF) de la détermination du nouveau revenu social unifié (RSu). La gamme de vos opportunités d’économies sociales s’en trouve donc très réduite. Tandis que sa seconde conséquence péjorative est d’alourdir notablement et rétroactivement vos ponctions CARMF.
2 - Vos armes et objectifs plus sophistiqués ? - Si vous aviez décidé dès le premier trimestre 2025 de l’assimilation de votre EI à une EURL soumise à l’impôt société (EI-EURL/IS), voire d’exercer au sein d’une société de médecin(s) soumise à l’IS (impôt société), le mode déclaratif au réel est obligatoire dans ces entités.
● En EI-EURL/IS, vous disposez de nombreux choix de gestion et donc d’opportunités d’optimisation, tant en fiscal qu’en social. Mais à condition que vous soyez bien piloté par un conseiller spécialisé, particulièrement sur l’arbitrage complexe et sur mesure entre vos différentes rémunérations (RTI et dividendes) avec toutes les conséquences que cet arbitrage emporte sur plusieurs années. Rappels : (1) l’EI-EURL/IS concerne sans exception tous les médecins libéraux les plus fiscalement taxés par le barème de l’impôt sur le revenu des personnes physiques (à partir de 30% de TMI et bien sûr au-delà). (2) Inutile de rappeler que les logiciels de comptabilité en ligne (genre Indy ou autres) ainsi que les services de comptabilité en ligne (assurément discount, mais pas que…) n’ont aucune possibilité d’intégrer ce que vous venez de lire. Ce sont des outils de production de masse.
● Côté SEL : depuis l’étonnante réforme de fin 2022, le médecin exerçant en SEL doit désormais soumettre individuellement aux BNC les rémunérations de ses fonctions techniques (RFT, ex RTI, pour rémunérations de travailleur indépendant) de praticien servies par sa SEL. Avec ici un très intéressant accès possible au régime Micro-BNC pour ses RFT ; mais attention, sous conditions différentes de celles de l’EI-BNC. Deux précisions : (1) Au contraire de l’EI-EURL/IS, la SEL ne concerne pas tous les médecins libéraux, car plusieurs catégories en sont exclues statutairement. (2) Notre remarque sur la production de comptabilité de masse du paragraphe précédent vaut encore plus ici : il existe malheureusement aussi une production de masse de SEL par des cabinets comptables ou des officines de conseils visant les médecins. Dont bon nombre se limitent au service minimum où, vos économies restant modestes, elles épongent à peine les surcoûts de structuration (statuts, comptabilité, cotisation ordinale, assurances, etc.)
3 - Et que faire pour améliorer 2026 ? - Il n’est pas trop tard pour exploiter à votre profit ces nouvelles armes aussi légales que sophistiquées dès votre exercice 2026 : l’émergence de nombreuses perspectives de pilotage de gestion pourrait atténuer plus significativement encore vos PO en fiscal+social de TNS, prévus comme massivement renforcés en raison de durcissements budgétaires inédits touchant de plein fouet les médecins libéraux, ceux exerçant en secteur 1 inclus.
4 – Les activités mixtes – Tout ce qui précède concerne les options déclaratives de vos revenus libéraux (TNS), et non celles de vos éventuels revenus salariaux 2025 (ou 2026) en cas d’activité médicale dite « mixte ». D’un point de vue déclaratif, ces deux catégories de revenus obéissent à des règles bien distinctes et se déclarent sur des imprimés fiscaux bien distincts. Bonne nouvelle : d’un point de vue stratégique, concernant vos opportunités de bonne gestion, vos prélèvements obligatoires sur ces deux sources distinctes de revenus se combinent et toute réflexion sur leur optimisation doit être globale car les conséquences s’entrecroisent. Soyez bien conseillé.
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